mercredi 30 août 2017

120 battements par minute

Le problème quand tu vas voir un film encensé par tous les gens que tu connais et par tous les médias, c'est que tu t'attends à un film extra ordinaire, qui va te clouer sur ton fauteuil, te faire pleurer, te faire rire, te mettre dans tout tes états. Du coup quand tu sors de la salle sans avoir l'impression d'avoir vécu une expérience unique et sidérante, tu es presque un peu déçu. Et pourtant au final 120 battements par minute est un film qui ne m'a pas laissé insensible.

Act Up ne m'était pas une association inconnue, je les connaissais depuis bien des années, et le film n'était pas vraiment une découverte, même si je n'ai pas vécu l'association de l'intérieur, me contentant essentiellement de participer à leur marche annuelle du 1er décembre. Du coup je n'ai peut-être pas ressenti l'effet coup de poing de tous ces gens qui semblent découvrir l'association. Mais mettre des images sur cette époque où l'image n'était pas aussi accessible qu'aujourd'hui, c'est un choc émotionnel. Avoir réussi à faire un film avec une trame accessible de la vie chaotique d'une association, c'était un sacré pari. Ce film est sans conteste une réussite, un film d'utilité publique.

Forcément j'ai été ému, j'ai eu la larme à l’œil (mais je suis incapable d'entendre la voix de Jimmy Somerville sans être ému, Smalltown Boy avait été une révélation quand j'étais adolescent et homosexuel au placard), j'ai découvert des acteurs qui m'ont bluffé (Nahuel Perez Biscayart, Antoine Reinartz, Simon Guélat..), je n'ai pas vu passer les plus de deux heures que dure ce film.

J'espère beaucoup que ce film sera vu, et surtout qu'il réveillera des consciences activistes, au delà de l'effet mode qui va durer quinze jours. Je n'ai pas l'impression que l'association Act Up déborde d'adhérents et refuse du monde, je vois chaque année moins de monde à la marche du 1er décembre, j'ai l'impression que le sida n'est plus un sujet qui concerne grand monde, comme si tout le monde trouvait acceptable une maladie chronique qui te force à prendre des cachetons toute ta vie. Dans bien des domaines, j'ai l'impression que l'activisme est passé de mode, que les gens ne s'occupent que de leur petite personne, que les temps des idéaux est passé. Et pourtant il y a tellement de combats encore à mener...!


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