dimanche 30 juillet 2017

Des questions?

A la grande époque des blogs (ou l'art de se faire passer pour un dinosaure en trois mots...), avant la popularisation de Facebook et autres réseaux sociaux, avant la généralisation des "téléphones intelligents", un blog était un moyen de rentrer en contact avec d'autres personnes, on rencontrait d'autres auteurs de blog, on rencontrait des lecteurs, on nouait des contacts épistolaires. Moins d'une dizaine d'années plus tard, ce monde n'est plus. Rencontre t-on encore d'autres auteurs de blog ou des lecteurs? Ce n'est pas mon cas. J'ai l'impression que tous les gens qui me lisent encore le faisaient déjà il y a dix ans, une sorte d'acte de fidélité.

J'y pense en lisant de vieux billets et où je vois qu'il m'arrivait de demander à mes lecteurs s'ils avaient des questions et où je m’engageais à répondre dans un écrit postérieur. Je me dis qu'aujourd'hui cet exercice ne serait pas productif. Me trompe je? C'est facile à vérifier. Si vous avez des questions ou envie que je parle d'un sujet particulier, mettez-les en commentaire... 

mercredi 26 juillet 2017

A boire?

La première fois qu'il a pris l'avion il était très embêté quand les hôtesses passaient dans le couloir pour proposer à boire parce qu'il n'avait pas beaucoup d'argent sur lui. Cependant il ne tenait pas à se faire remarquer, il voulait faire comme tout le monde, et tout le monde prenait quelque chose à boire. Quand son tour est arrivé, la mort dans l'âme, il a sorti son portefeuille et a demandé une boisson. Il a demandé combien c'était et on lui a répondu que c'était gratuit. Il s'est senti diminué, il a pensé qu'il avait l'air miséreux et que c'est pour ça que l'hôtesse lui disait que c'était gratuit. Alors il a insisté pour payer.

C'était une autre époque, les boissons étaient gratuites sur tous les vols dans toutes les compagnies. Personne n'aurait imaginer vous faire payer pour une boisson alors...

lundi 24 juillet 2017

Tom of Finland

Touko Laaksonen est un homosexuel finlandais à une époque où l'homosexualité est interdite (en Finlande comme dans la plupart des pays). Il vit une sexualité cachée faite de rencontres furtives dans des parcs où on n'est jamais à l'abri d'une descente de police ou d'être reconnu par un maître chanteur ou un voisin malfaisant. Officier héroïque de la seconde guerre mondiale, sa sœur avec qui il vit s'étonne qu'il ne trouve pas une charmante épouse qui voudrait de lui. Puis vient le jour où ils décident de prendre un locataire pour arrondir les fins de mois et où le locataire est un beau danseur homosexuel refoulé qui se cherche une couverture en flirtant avec la sœur, Kaija. Sauf que Touko avait déjà eu l'occasion de connaître le joli danseur de façon intime, et s'en suit un étrange trio... La sœur finira par comprendre que son frère n'est pas hétérosexuel et leur nouveau locataire non plus.

L'autre axe du film, c'est évidemment le dessin. Sous le nom de Tom of Finland, Touko Laaksonen est passé à la postérité et il n'existe pas un seul homosexuel qui ne connaisse pas ses dessins. J'avoue qu'ils ont peuplé mon imaginaire érotique quand j'avais une vingtaine d'années, ils peuplent sûrement encore beaucoup de rêveries humides. Mais à l'époque où ses dessins ont été crayonnés, ils se passaient sous le manteau et être trouvé en leur possession pouvait mener tout droit en prison. Touko dessinait en cachette, dans le secret le plus absolu. C'est grâce à un admirateur américain qu'il accède à la gloire et son voyage en Californie influencera énormément sa vie, même si en Finlande il restera toujours incognito.

J'ai aimé ce film. Certes le rythme est un peu lent pour le cinéaste ordinaire, c'est une façon différente de voir les choses, de filmer. Voir des films étrangers est souvent une expérience unique sur la façon de filmer, de dire, de raconter. Il y a des lenteurs donc, mais il y a aussi une description très réaliste de ce long combat vers la liberté qu'a été la vie de beaucoup d'homosexuels. Il est important de se rappeler la persécution, les traques, la peur des médisances du voisin inconnu, du passant dans la rue. Il y a une scène très banale, mais qui pourtant m'a ému aux larmes, où enfin Touko et son compagnon se tiennent la main en public et achètent ensemble des rideaux jaunes pour leur appartement. Il y a aussi ces scènes en Californie où on nous rappelle que nous sommes tous égaux et que nous aspirons tous à être heureux et amoureux. Faire partie d'une minorité est toujours un long combat, je vous recommande ce film non seulement pour la vie de Tom of Finland, mais aussi pour la valeur éducative de son chemin de vie.


jeudi 20 juillet 2017

Dream Boat

Le phénomène des croisières, et en particulier des croisières gay. Une expérience à faire au moins une fois dans sa vie? L'expérience de vivre dans un environnement où tous les gens autour de toi sont gay, l'assurance de ne pas être jugé sur ta sexualité, même si tu seras tout de même jugé sur quelque chose. Dans ce monde où il faut toujours être le plus beau, tout le monde ne trouve pas forcément sa place. Et les personnages qui sont suivis dans ce documentaire ont parfois un vague-à-l'âme assez touchant. On se rend vite compte qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, et d'ailleurs qu'on n'en a pas forcément envie.

C'était intéressant à voir comme documentaire, ça ne m'a pas du tout donné envie de tenter l'expérience, je suis bien trop sauvage pour supporter toute cette foule tout le temps, fusse t-elle gay.


dimanche 16 juillet 2017

Du riz pour les pigeons

Après-midi chaud, en passant devant le Cirque d'hiver, je vois dans le petit square Pasdeloup une femme qui vide un sac de riz pour nourrir les pigeons. C'est malheureusement assez habituel, mais ce qui m'a surpris c'est que ce n'était pas une vieille femme aux habits fatigués mais une femme dans la quarantaine et visiblement bien habillée.

Elle portait un grand sac de sport, et en a sorti un deuxième sac de riz, puis un troisième, puis un quatrième. Je me suis arrêté et lui ai fait remarquer qu'on payait des impôts pour limiter la prolifération des pigeons. Elle m'a répondu "il ne faut pas se tromper d'ennemi, c'est Daesh qui tue nos enfants!" J'en ai été soufflé. Je lui ai dit "vous êtes folle!", elle a répondu "eh bien les fous il faut les laisser tranquilles" et elle a continué à vider d'autres sacs de riz...

C'est moi qui suis dépassé où notre monde ne va pas bien?