vendredi 18 novembre 2016

AKAA

Le week-end du 11 novembre il y avait une foire d'art contemporain au Carreau du Temple, AKAA, Also Known AS Africa, une foire d'art qui expose des artistes contemporains d'Afrique. Grosso modo c'était une trentaine de galeries domiciliées sur le continent africain qui venaient montrer ce qu'elles avaient en stock.

J'avoue m'être un peu interrogé sur le concept. Parce que même s'il n'est pas fait allusion à un art africain que je suis bien en peine de définir, je n'ai pas vu dans cette vente des champs de coquelicots ou de tendres aquarelles. Par contre j'ai vu des vêtements bariolés à outrance comme sur la première photo ou du travail sur des supports moins classiques que des toiles de lin, comme ce carton gratté sur la deuxième photo.

Voici trois œuvres que j'ai bien aimées. J'ai aimé le côté satirique de cette femme noire qui se maquille en se peignant un masque blanc (Richard Mudariki), j'ai aimé ce Saint Sébastien de Paul Ndema (parce que c'est un Saint Sébastien?), j'ai été impressionné par ce dernier portrait sur palette de bois constitué uniquement d'une myriade de clous plantés sur une ombre noire.







mercredi 16 novembre 2016

Louvre (2)

Ma deuxième visite au Louvre, ce fut en soirée, un vendredi soir. Pas grand monde, c'est agréable de déambuler dans ces immenses salles sans être embarrassé par la foule. La première fois j'avais commencé par la sculpture française, ce fut donc mon point de départ. Mon objectif est de m'approprier complètement ce musée dans tous ces recoins, et j'ai décidé de l'explorer de façon méthodiquement. Première étape, le premier niveau de l'aile Richelieu.

Après la sculpture française, on passe au département des antiquités du Proche-Orient. Ensuite il y avait les antiquités égyptiennes, mais j'étais épuisé avant d'y arriver. D'une part parce que je me rends compte que ce musée est vraiment immense, d'autre part parce que je suis incapable d'apprécier tout ce que je vois au delà d'un certain nombre d’œuvres et que je préfère me limiter pour pouvoir apprécier pleinement chaque oeuvre susceptible de m'intéresser. 

Je ne sais pas comment font les touristes qui n'ont qu'un temps limité pour visiter le musée, mais je comprends qu'ils optimisent leur temps en ne voyant que certaines choses et en ignorant les autres. Parfois il faut savoir faire des choix.

Voici cinq œuvres qui m'ont marqué pendant cette visite, en commençant par l'Hercule combattant Achéloüs de François-Joseph Bosio dont j'admire chaque millimètre carré.






lundi 14 novembre 2016

L'invitation

Le téléphone sonne au milieu de la nuit et la voix de ton meilleur ami t'informe qu'il est en panne de voiture au milieu de nulle part et te demande de venir le chercher. Qu'est-ce que tu fais? C'est le début de ce film qui prétend se questionner sur la valeur de l'amitié. Et qu'est-ce que tu fais quand tu t'es levé, habillé, que tu as pris ta voiture et conduit un certain temps pour rejoindre ton meilleur ami et que tu découvres qu'il n'est pas en panne et que c'était juste un test?

Un film assez moyen, avec de bons moments mais aussi beaucoup de platitudes et d'invraisemblances, de vacuité. Franchement, tu serais en panne au milieu de nulle part, ça te viendrait à l'idée de réveiller tes amis au milieu de la nuit pour venir te chercher? Moi pas.


jeudi 10 novembre 2016

Le clou

Il avait les cheveux d'un blond très pâle, presque blanc. Quand il est monté dans la rame de métro, il est venu se coller dos contre moi. Je pouvais très facilement respirer son odeur, qui m'a beaucoup surpris. Il sentait une odeur médicamenteuse, je me suis dit que ça devait être l'odeur de son costume qui était mal taillé, trop large aux épaules, trop long aux manches. Était-ce un costume loué? Le costume d'un autre? J'ai du mal à imaginer qu'on vende dans le commerce une eau de toilette au clou de girofle. Il m'a fait un grand sourire en quittant la rame, m'a tenu la porte en sortant de la station Odéon, mais l'odeur était trop incommodante pour que je réponde par autre chose qu'un simple sourire poli.

Je l'ai revu quelques jours plus tard, au téléphone devant la gare de l'est. Il portait le même costume gris pâle, la même cravate rose effacé, ce devait être son uniforme de travail, un uniforme fait pour passer inaperçu. Quel genre de travail peut-on faire pour sentir le clou de girofle?

mardi 8 novembre 2016

Kehinde Wiley

J'avais découvert la peinture de Kehinde Wiley à l'occasion de l'exposition Nu masculin organisée au musée d'Orsay il y a quelques années. Son oeuvre m'avait suffisamment accroché pour que je note son nom, fasse des recherches sur internet, et m'en souvienne encore quelques années plus tard. Il faut dire que des peintres qui peignent des hommes noirs, ça ne court pas vraiment les rues. Aussi quand j'ai vu qu'il était temporairement exposé dans les collections du Petit Palais, je me suis empressé de le noter dans mon agenda pour aller le voir.

Ce fut fait le dernier week-end d'octobre, une journée ensoleillée où l'heure d'hiver nouvelle nous a surpris par sa fin de journée prématurée. Il y avait six vitraux et trois toiles, que j'ai photographiées ci-dessous. Kehinde Wiley peint des hommes noirs, et c'est une volonté clairement exprimée, une volonté de lutter contre l'invisibilité de l'homme noir dans l'histoire de la peinture.

Il crée une oeuvre contemporaine avec des cadres qui le semblent moins, et il y a un choc évident quand on regarde ses vitraux entre notre attente codifiée et la mise en place de personnages de tous les jours dans ce décor et ces attitudes codifiés. Si vous regardez attentivement, vous remarquerez qu'on est vraiment à la pointe du réalisme, que le jean est troué à la dernière mode, qu'une femme porte une french manucure impeccable et que les marques des vêtements sont explicitement visibles.

Concernant les peintures, le choc est moins flagrant, mais il reste néanmoins présent, les personnages restent traités de façon contemporaine. Le détail qui m'a le plus étonné? Les hommes ont du poil sous les bras, et c'est forcément fait exprès, ce n'est pas juste une ombre.