mercredi 14 février 2018

Paris 2018 (3)

Vendredi, nouvel épisode neigeux. Mais le temps c'est radouci, on sait que ça ne tiendra pas longtemps. Aujourd'hui ça tient parce qu'il y a les restes des jours précédents qui ont su profiter du fait que les gens chargés de l'entretien des chaussées sont complètement débordés dès qu'il tombe trois centimètres de neige et que beaucoup de gens sont restés cloîtrés chez eux. Ce n'est pas quelque chose dont je vais me plaindre, j'aime beaucoup l'idée que parfois la course commerciale se mette en stand-by malgré elle, que la nature nous rappelle sa puissance. Je trouverais même très bien qu'il soit officiellement prévu qu'on puisse ne pas aller travailler en cas d'intempéries majeures. C'est important aussi de prendre le temps de se reconnecter à la nature.

Moi je ne suis pas resté enfermé chez moi. Déjà vendredi je travaillais, il a fallu que j'aille dans l'entreprise. Mais à midi j'en ai profité pour aller faire quelques photos. J'aime marcher dans des endroits calmes, et marcher dans la neige est une expérience relaxante, rassérénante, apaisante. Il y a moins de gens sur les trottoirs, moins de voitures sur les routes, la ville nous appartient un peu plus. Exit le claquement des talons sur le bitume, le roulement des skates sur la chaussée, les échanges de klaxons des chauffards tous plus pressés les uns que les autres, les sirènes des policiers pressés d'aller se restaurer au kebab du coin.





Le samedi j'aurais bien aimé prendre un train pour aller marcher en campagne, mais le redoux était déjà là, ça fondait de tous les côtés, intra-muros les vestiges de neige devenaient rares. Je me suis contenté de faire un détour par le parc de la Villette avant d'aller à la piscine pour capturer quelques instants magiques qui ne reviendront pas avant trente ans selon les grandiloquents média, avant deux ou trois ans selon toute vraisemblance.




mardi 13 février 2018

Paris 2018 (2)

Mardi dernier il a neigé une grande partie de la journée et de la nuit. J'ai beaucoup apprécié le calme cette nuit là. Les gens restent chez eux, les bruits sont assourdis, même les voitures de police restent au garage et cessent de nous importuner avec leurs sirènes abusives et inutiles. Je n'avais pas entendu un silence d'une telle qualité depuis bien longtemps. C'est reposant.

Mercredi je travaillais, mais j'ai profité de ma pause déjeuner pour aller faire une grande promenade entre Concorde et le Louvre, au Palais Royal et jusqu'aux Halles. C'était le jour idéal pour faire des photos de neige avant qu'elle ne soit salie par le passage de trop de piétons et trop de voitures. Malheureusement les jardins du Louvre étaient fermés, nos municipalités prennent la mauvaise habitude de fermer tous les espaces clos dès qu'il ne fait pas beau. Au moindre coup de vent on ferme tout, alors de la neige, tu penses bien... Je déteste cette privation de liberté, mais le commun des parisiens semblent trouver ça normal.

Bref, j'ai été faire des photos d'un Paris sous la neige.











lundi 12 février 2018

Paris 2018 (1)

Quand je suis rentré de Barcelone le lundi 5 février, en arrivant sur Paris j'ai vu de l'avion que les champs étaient blancs, il avait neigé sur Paris. Ce n'est pas vraiment extra-ordinaire qu'il neige à Paris en hiver, mais en général ça ne tient pas longtemps et ça se transforme rapidement en une boue noirâtre peu ragoutante. Quand je suis arrivé chez moi, ma cour intérieure était encore maculée de blanc, ça n'avait pas fondu, la température était autour du zéro.

La météo annonçait d'autres épisodes neigeux dans la semaine, et effectivement le lendemain soir il a neigé lourdement et longuement, une neige qui ne fondait pas et s'accumulait. Aussitôt les média se sont emballés, il n'avait pas autant neigé à Paris depuis trente ans, c'était extra-ordinaire. Mais bon, on sait tous que les média ont tendance à avoir la mémoire courte et à faire dans la démesure, quitte à perdre toute notion de crédibilité.

Les images ci-dessous ne sont pas de cette année, mais elles n'ont pas trente ans non plus, elles datent de janvier 2013, une année où la neige avait également tenu au sol pendant plusieurs jours










samedi 10 février 2018

Sitges

Tu fais quoi le dimanche? Bah je vais à la plage. C'était mon programme ce dimanche 4 février, aller découvrir Sitges et voir la mer. La météo ne s'annonçait pas clémente, mais j'espérais qu'elle serait meilleure qu'annoncée. Il pluvinait quand je suis sorti de l'hôtel et que je me suis dirigé vers la gare pour prendre le train de banlieue pour Sitges. En arrivant à destination, il ne pluvinait plus, il pleuvait. J'ai demandé où je pouvais acheter un parapluie, on m'a indiqué un bazar qui était ouvert le dimanche. Je sortais de la gare, il pleuvait, mais j'étais déjà conquis par la ville. Il y a des choses comme ça que je ne m'explique pas, des endroits où je me sens tout de suite bien, où je me sens tout de suite connecté aux bonnes ondes de l'endroit. Il pleuvait mais j'avais le sourire au cœur.




Mon but en venant à Sitges était d'aller au musée Cau Ferrat où je savais pouvoir admirer deux tableaux du Gréco, Les larmes de Saint Pierre et une Madeleine pénitente. c'était aussi un alibi pour découvrir cette station balnéaire bien connue de tous les homos. Armé de parapluie, j'ai donc découvert les petites rues piétonnes animées du mini centre-ville et je suis descendu jusqu'à la mer. J'ai été visité le musée, qui était auparavant la demeure et atelier du peintre Santiago Rusiñol. Ce musée est la collection un peu hétéroclite du peintre, qui fit l'acquisition des deux toiles du Gréco à Paris en 1894, un peintre alors plutôt méconnu en Espagne et qu'il avait découvert par son ami peintre Ignacio Zuloaga. Il était tellement enthousiasmé par la peinture du Gréco qu'à leur arrivée à Sitges il fit défiler les deux toiles en procession dans la ville pour les faire connaître.

Je m'aperçois en découvrant tous ces noms de peintres espagnols qu'il y a en France une grande opacité sur la peinture espagnole. En France on connait Vélasquez, Goya, Picasso, Dali, Miro, peut-être Zurbaran et Ribera ou Murillo, et puis c'est tout. Pourtant c'est le pays d'à côté et il a une histoire de la peinture toute aussi riche que la notre. D'où vient cette méconnaissance?




Après ma visite du musée Cau Ferrat et du musée adjacent Maricel, je suis ressorti me promener dans la ville. Il pleuvait toujours, des torrents dévalaient des rues en pente, le village était toujours aussi pittoresque. J'ai hésité à m'installer dans un bistrot, mais il était 14 heures passées et les commerces fermaient, les rues se vidaient. J'ai donc repris le train pour Barcelone, avec la certitude qu'il faudrait que je revienne.




A Barcelone il pleuvait aussi et le vent a fini par avoir raison de mon petit parapluie à cinq euros acheté au bazar, j'ai passé la fin de l'après-midi à bouquiner dans ma chambre d'hôtel. Le lendemain je rentrais à Paris et la pluie m'a accompagné jusqu'à l'aéroport, fin de mon escapade espagnole.

jeudi 8 février 2018

Barcelone 2018 (5)

Il commençait à se faire faim quand je suis sorti du musée Picasso, il était pratiquement 14 heures et mon programme de la matinée était fait. Il faisait beau, le soleil était agréable et invitait à la paresse. Je suis passé par le marché Santa Caterina (un ancien couvent reconverti), j'ai pris à manger à emporter dans un commerce du quartier, et j'ai été m'asseoir au soleil sur le Passeig de Lluis Companys. C'était une pause très agréable, c'est bon de ne rien faire au soleil.




Ensuite j'ai repris mon errance, j'ai été faire un tour dans le parc de la Citadelle. Le soleil s'est caché derrière les nuages, il faisait un peu plus frais, le vent était devenu désagréable. Du coup je ne me suis pas attardé dans le parc et j'ai pris le chemin de la Sagrada Familia, l'étape suivante du jour.




Je ne comprends pas l'engouement des gens pour ce chantier. Ce sera peut-être intéressant à voir quand ce sera fini, mais pour l'instant ce n'est pas vraiment magnifique à regarder. Je me souviens qu'il y a dix ans j'avais trouvé ça très moche; j'ai trouvé ça un peu moins moche cette fois-ci maintenant que ça commence à prendre forme, mais ça ne ressemble pas vraiment à grand chose.




Puis le soleil est revenu, mais je commençais à en avoir un peu plein les pattes, j'ai repris ma route en direction de la place d'Espagne et mon hôtel. Je suis monté sur le toit des arènes à côté de la place qui ont été reconverties en centre commercial, on y a une vue dégagée sur la ville à 360°, on peut y dîner le soir avec une vue dégagée à perte de vue. Pour moi il était temps de rentrer faire une pause à l'hôtel, ma journée avait été bien remplie.




Je suis ressorti dans la vieille ville le soir, avec la déception qu'à 23 heures les ramblas étaient désertes et beaucoup de commerce fermés. On était samedi soir et la ville était vide. J'ai dîné dans un troquet désert sans l'envie de m'attarder. Je suis franchement surpris qu'une ville de cette taille ne vive que quand il fait beau.



mercredi 7 février 2018

Barcelone 2018 (4)

Après la visite de la cathédrale de la Sainte-Croix, un autre édifice religieux était à mon programme, la basilique Sainte-Marie de la Mer. J'ai longé la cathédrale par la rue du Bisbe avec son pont couvert entre deux bâtiments jusqu'à la place Saint-Jacques où se font face la mairie de Barcelone et le palais de la Généralité. Le ruban jaune catalan était bien visible sur la façade de la mairie, comme sur beaucoup de bâtiments municipaux croisés dans la ville. La place est un peu froide et sans grand intérêt. Je suis parti vers le nord-ouest, j'ai traversé la via Laietana, et c'est comme si j'avais changé de pays. Dans ce quartier, le quartier de la Ribera, je me suis enfin senti en Espagne, ou dans l'idée que je me fais de l'Espagne que j'aime.

J'ai beaucoup aimé la clarté et l'espace dans cette basilique Sainte-Marie de la Mer. A l'opposé de la cathédrale de la Sainte-Croix pleine de dorures, de boiseries, et réservée à la monarchie et aux nantis, ici on est dans une église vide et dépouillée, une église du peuple. C'est un endroit où on a envie de se poser sur un banc pour respirer le calme, la zénitude, la plénitude. Je me suis senti bien dans cette église, j'ai aimé son austérité. Mais je n'ai pas trop eu le loisir de m'y attarder, l'heure de la fermeture approchait.

Je suis donc sorti par la porte de côté, l'entrée principale étant maintenant fermée, sur une place bordée de petits commerces où je me suis dit qu'il doit faire bon flâner à la belle saison. Mon objectif suivant était le musée Picasso, dans une petite rue juste derrière la basilique. Je ne m'attendais pas à y trouver grand chose, sachant que c'est un musée qui retrace l'évolution de l'artiste en partant de ses œuvres de jeunesse, œuvres qui n'ont pas grand chose à voir avec ce qu'on connait de l'artiste.

Effectivement, je ne me suis pas attardé dans certaines salles du musée où rien ne captivait mon regard. Par contre j'ai beaucoup apprécié les deux grandes salles réservées à son travail sur le tableau de Vélazquez, Les Ménines. Exécutée à la même période, il y a aussi toute une série dans une pièce adjacente sur Los pichones (les pigeons). A mes yeux ces trois salles valaient le détour, même si elles ne correspondent pas vraiment à ce qu'on connait de l'artiste. Et il y a aussi le portrait de son ami d'enfance, Jaume Sabartes, qui voulait un portrait avec fraise et chapeau à plume comme à la cour du roi Philippe II, un portrait plein de poésie et d'amitié.