dimanche 8 octobre 2017

J'apprends l'espagnol (28)

Pendant qu'en français certains se prennent la tête pour lutter contre le machisme supposé de notre langue et entreprennent de trouver une équivalence féminine à tous les noms masculins, ce que je trouve totalement ridicule, je me dis avec espoir que la langue espagnole avec un peu de chance ne sera pas atteinte par ce virus. Parce que quand j'apprends que "el seto" signifie la haie et "la seta" signifie le champignon, ce qui n'a absolument rien en commun, je me rends bien compte qu'il ne suffit pas de changer un o pour un a ou vice versa pour changer le genre d'un nom.

lundi 2 octobre 2017

Journée sans voiture

Ce dimanche à Paris c'était la journée sans voiture. Ça ne m'a pas empêché d'en croiser plein en allant à la piscine et tout le reste de la journée. Dans les média informatifs, la propagande te montre des gens en train de faire tranquillement du vélo dans des rues sans voiture, je ne sais pas comment ont été prises ces photos. Moi des voitures j'en ai vu toute la journée, partout. Certes il y'en avait moins, mais il ne fallait pas traverser la rue sans regarder, parce que pour le coup, absence d'embouteillage oblige, elles roulaient plus vite.

Je trouve ça très bien cette idée de faire une journée sans voiture. Mais quand on le fait une seule fois dans l'année et en plus un dimanche, on pourrait au moins essayer de le faire correctement. Ce jour là, la liste des dérogations pour utiliser sa voiture était plus longue que mon bras. Tous les Uber et autres taxis étaient de sortie, tous les riverains pouvaient aussi utiliser leur voiture, on se demande au final qui ne pouvait pas utiliser sa voiture. Si on veut vraiment marquer les esprits, il faudrait aussi interdire tous ces gens là et en profiter pour rendre les transports publics gratuits. Mais bon, madame Hidalgo n'a peut-être pas envie de prendre le métro et de vivre les mêmes instants de bonheur qu'une certaine NKM?

Pour moi cette journée sans voiture frisait l'arnaque, c'était juste de la propagande facile, puisque tous les parisiens pouvaient quand même utiliser leur voiture. Je n'ai jamais pensé que la voiture individuelle était un progrès quelconque. J'habite à Paris et je ne possède pas de voiture. Non seulement ça ne me manque pas, mais je ne vois même pas à quoi ça pourrait me servir. Je ne comprends pas la nécessité d'avoir une voiture quand on habite à Paris ou dans n'importe quelle autre grande ville. Pour moi les journées sans voiture ça devrait être toute l'année, tous les jours de l'année. Sans voitures et sans taxis, on ne va pas non plus créer un service de voitures réservées aux nantis. Il faut développer les transports urbains gratuits et interdire les véhicules privés en ville. Ça se serait vraiment une ambition!

Et puis, tu imagines le bonheur de circuler dans un endroit où tu ne serais pas agressé sans cesse par le bruit des voitures, par l'odeur des voitures, par la pollution des voitures? Tu imagines l'apport en qualité de vie si tous les espaces (rues, parkings et autres) dévolus à la voiture étaient remplacés par des pistes cyclables et des espaces verts? Tu imagines le bonheur de respirer un air qui n'empeste pas le pétrole?

samedi 30 septembre 2017

Marrons chauds!

"Garée en double-file (si tant est qu'on puisse être garé en double-file) rue Barbès, une camionnette ouverte dans laquelle un homme charge des victuailles. Jusque là, rien que du très normal, c'est normal à Paris de se garer en double-file pour cinq minutes ou pour une heure. Après tout, pourquoi se prendre la tête à essayer de trouver une place où se garer?

Sauf que cette camionnette est un fourgon policier, et que les victuailles qui sont chargées sont des victuailles confisquées à de pauvres vendeurs à la sauvette qui n'ont que ce moyen pour subsister.

Nous vivons dans un pays où tout est contrôlé, tout est taxé. Pour avoir le droit de vivre, il faut des papiers. Pour avoir le droit de vendre, il faut avoir pignon sur rue et payer des taxes à l'état. Rien n'est gratuit.

Vous faites pousser des tomates dans votre jardin et vous voulez les vendre devant chez vous parce que vous n'avez plus les moyens de subsister correctement? C'est interdit. Vous avez de la menthe sur votre balcon et vous l'échanger à votre voisin contre une pousse de géranium? C'est interdit, c'est de la fraude fiscale. Un jour viendra où même pour respirer il faudra une autorisation.

D'ailleurs vous, jeune homme, qui achetez des marrons chauds à un vendeur au coin de la rue ou une bouteille d'eau à un vendeur à la sauvette, vous savez que cette action est répréhensible et que vous encouragez une activité délictueuse?

Parfois je me dis que nous vivons vraiment dans un pays pourri où tous les moyens sont bons pour extorquer des sous des poches des gens pour les mettre dans les coffres du trésor public, et je me dis que la différence avec le moyen-âge et la condition des serfs qui dépendaient du bon vouloir de leur chatelain n'est pas bien grande. Nous sommes tous des esclaves au service des intérêts financiers de la nation.

Mais je m'égare, je m'égare. Au départ je voulais juste écrire combien j'étais choqué que des policiers confisquent les moyens de subsistance de pauvres gens qui n'ont pas de travail et font ce qu'ils peuvent pour vivre correctement sans avoir à faire la manche ou à voler. C'est gênant qu'un homme vende des marrons chauds ou du maïs grillé au coin de la rue? C'est gênant qu'un autre vous vende des bouteilles d'eau dans les allées du jardin du Trocadéro? C'est gênant qu'une femme vende des fruits sur un bout de trottoir au marché de Château-Rouge?

Le métier de policier peut être un beau métier, mais ça peut aussi facilement devenir un métier que j'aurais honte de faire..."

Cette note a été écrite en août 2008. En 2017 elle est toujours d'actualité, l'état continue à chasser les pauvres avec application, et ça me révolte toujours autant.

jeudi 28 septembre 2017

Désir immédiat

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai jamais commandé une pizza, un plateau de sushi ou n’importe quelle autre victuaille à me faire livrer. L’idée que quelqu’un soit sous-payé pour me livrer en vélo ou en scooter à toute allure au risque de sa vie me choque. J’ai toujours refusé l’esclavage, l’exploitation humaine. Quand j’ai une fringale, je mets mes chaussures et je sors dans le quartier. Et si c'est trop tard et que tout est fermé, je rentre bredouille et tant pis pour ma fringale.

Je trouve normal qu'à certaines heures tout soit fermé, je n'aspire pas à vivre dans une société ouverte 24h/24. Je ne demande pas à mon boulanger ou ma boucherie (exemples pris au hasard vu que je ne consomme pas de viande et très peu de pain) d'être ouvert tous les jours. S'il est fermé le jour où je veux y aller, tant pis pour moi, je n'avais qu'à mieux m'organiser.

D'une façon plus générale, je ne comprends pas cette société boulimique de satisfaction immédiate du désir, cette société où on n'apprend plus à gérer la frustration. On vit dans une société où les gens n'acceptent plus qu'on leur dise non, où des gens se font agresser pour ne pas avoir voulu donner une cigarette. Dans ce monde harassé par une publicité qui t'insuffle quotidiennement de nouveaux désirs, on t'habitue à toujours obtenir immédiatement ce que tu veux, ça crée de nouveaux besoins, ça fait vendre. Tu deviens une marionnette de la consommation, un ersatz cacochyme qui consomme, consomme, consomme. On en viendrait même à se demander si on sait vraiment ce que l'on veut, si on sait ce qu'est vraiment le désir.

Je refuse de devenir cette marionnette amorphe. Je refuse de voir tous mes désirs les plus fugaces immédiatement assouvis, je questionne mes désirs. Et si j'ai une envie de jus de carotte et que je n'ai plus de carottes et que ce n'est pas le jour du marché, tant pis pour moi, il y aura plein d'autres jours à venir pour boire du jus de carotte.

mardi 26 septembre 2017

Evasion

J’ai une technique imparable pour m’évader, pour prendre une bouffée d’oxygène, pour m’aérer le cerveau, pour avaler des ondes positives. Je tends les bras devant moi, à l’horizontale, les mains tendues, une main sur l’autre (intuitivement, c'est la main droite qui prend le dessus, je suppose que c'est parce que je suis droitier). Je baisse la nuque, rentre la tête dans mes bras, et je plonge. Aussitôt c’est comme si je plongeais dans l’océan, mon corps se nettoie du négatif, je savoure des instants de bien-être, le sourire revient automatiquement sur mes lèvres, un sourire béat. Ça marche n’importe où, aussi bien chez moi qu’assis au bureau. En fait les moments les plus agréables quand je nage ce sont les moments où je suis sous l’eau, complètement immergé. Mon corps doit avoir une mémoire d’un bonheur amphibien.


dimanche 24 septembre 2017

L'un dans l'autre

Ils se réveillent dans le corps l'un de l'autre. L'idée de départ était  intéressante, et j'aime beaucoup les deux acteurs principaux, pourtant je n'ai pas été emballé par ce film. Très rapidement on a l'impression que ça tourne en rond et on se demande juste comment ça va finir. Bien sûr on rit, ça reste amusant, mais ce n'est pas du rire aux larmes, ça n'est pas du rire à gorge déployée. Il y a quelques moments intéressants, mais aussi beaucoup de passages qui tournent à vide. Il faut dire que le film n'a pas pour but de révolutionner vos pensées, la fin est juste lamentablement prévisible, on s'en serait d'ailleurs volontiers passé. Pourquoi les films ont-ils besoin d'une fin?

(je m'interroge encore sur l'apologie de la petite bite circoncise pour les femmes à petite bouche soucieuse de leur hygiène buccale...)