samedi 21 janvier 2017

Une petite gâterie?

C'est midi, tu es à la cantine en train de choisir ton repas. Tu es supposé prendre une entrée, un plat et un dessert. Il y a de la tarte aux fraises, de la tarte au citron, du gâteau au chocolat, un éclair au café. Sauf que tu as envie de manger quelque chose de sain, un fruit ou une salade de fruits. Tu n'es pas vraiment obligé de prendre un dessert, mais si tu n'en prends pas, ton collègue va s'étonner, la caissière va te demander si tu vas bien, il y a une pression pour que tu prennes un dessert même si tu n'en as pas vraiment besoin, même si tu n'en as pas envie.

C'est à ça que j'ai pensé quand j'ai entendu un politicien appeler à voter pour les primaires de la gauche en nous disant d'en profiter puisqu'on nous donne le choix. Comme si on pouvait être dupe d'avoir le choix alors que le choix c'est le parti qui l'a fait pour nous en faisant sa présélection (par exemple en éliminant les gêneurs tel Gérard Filoche, en imposant un Vincent Peillon qui la veille de sa candidature n'y pensait même pas, en adoubant une Sylvia Pinel parce qu'il fallait une femme pour sauver les apparences).

J'en vois déjà me dire que je devrais vraiment prendre un dessert, parce qu'avant il n'était pas inclus dans le menu et qu'il y a des gens qui se sont battus pour que je puisse avoir un dessert. Je ne me rends pas compte de la chance que j'ai de pouvoir prendre un dessert.

J'en entends d'autres me dire que si le choix ne me convient pas, je peux demander au cuisinier de rajouter une salade de fruits au choix qu'il propose, alors que nous savons tous que le cuisinier a un contrat avec un pâtissier et qu'il n'est pas rentable pour lui de proposer autre chose que des pâtisseries.

mercredi 18 janvier 2017

2016, Paris

En 2016 Paris et tout le pays était en état d'urgence toute l'année. Si ça avait été un pays africain ou du moyen-orient toutes les instances internationales s'en seraient ému, mais quand c'est la France ça ne choque personne. Je n'accepte pas cet état d'urgence permanent, je n'accepte pas cette lente et progressive privation de liberté. Et s'il y a des benêts qui me conseillent d'aller vivre sous une dictature en pensant qu'eux vivent dans une démocratie, qu'ils gardent leur conseil pour eux, ils perdent leur temps. Je suis tout à fait conscient de ne pas vivre dans une démocratie mais dans un pays gouverné par des gens que le peuple n'a pas choisi, des gens qui se sont choisis entre eux, dans un petit groupe qui s'auto-reproduit et crée des lois pour se protéger et se bien porter. Quand on me dit que la lutte des classes c'est du passé, j'ai juste envie d'éclater de rire. Pour le président du Medef la lutte des classes c'est bien du présent, et quand on te fera travailler jusqu'à ce que tu meures pour le bénéfice de ces gens qui ne travaillent pas, tu comprendras peut-être. 

En 2016 la police a découvert encore plus son vrai visage, celui d'une force au service du puissant et qui aide à écraser le faible. Les policiers se sont offusqués qu'on ne les aime pas? Moi je l'affirme, je n'aime pas la police. Je n'aime pas la brutalité. Je n'aime pas l'obéissance aveugle. Quand une personne meurt entre les mains de la police, je trouve ça inacceptable. Quand un policier frappe un innocent maintenu par ses collègues, je ne trouve pas ça acceptable. Quand un policier m'arrête pour me demander où j'ai acheté mon vélo, je ne trouve pas ça acceptable. Quand un policier confisque le moyen de subsistance d'un homme qui vend des marrons au coin d'une rue ou du persil sur un coin de marché, je ne trouve pas ça acceptable. Quand un policier confisque la tente et les couvertures d'un sans-abri sur la voie publique, je ne trouve pas ça acceptable. Je n'ai aucune raison d'aimer la police.

En 2016 le droit de manifester a été supprimé, laissé à l'appréciation des forces de l'ordre. De nombreuses manifestations ont été interdites, d'autres limitées à des espaces infiniment restreints dans lesquels on ne pouvait pénétrer qu'après fouille minutieuses des gardiens des puissants. Je ne trouve pas ça acceptable. J'ai détesté qu'un événement aussi anodin que la Gay Pride, après avoir failli être tout simplement annulé, a été reporté sans préavis et s'est fait sous cordon policier. Devoir être fouillé encore une fois simplement pour faire une marche est une atteinte à ma liberté qui m'est insupportable.

En 2016 mon joli pays s'est remarqué par les guerres qu'il a mené un peu partout, par les armes qu'il a vendu un peu à n'importe qui, et par les gens chassés de leur pays qui ont essayé de se réfugier chez nous et qui y ont reçu un accueil déplorable, quand ils ont réussi à arriver jusqu'à nous. La question des migrants, notre manque d'humanité, m'ont bouleversé. J'habite dans le dix-huitième, j'ai vu ces gens parqués sous des voies de métro ou dans des jardins publics, et j'ai beaucoup pleuré, je me suis senti impuissant.

La pauvreté aussi me monte souvent les larmes aux yeux. Il n'est pas possible de faire cent mètres sans qu'une personne ne vous demande une petite pièce ou de quoi manger. J'ai honte de vivre dans un pays aussi riche mais où on trouve normal de laisser des gens crever à la rue. Le capitalisme et l'individualisme me répugnent. En ce moment on fait semblant de découvrir qu'il fait froid et qu'il y a des gens dehors, on regorge de logements vides et de bâtiments inoccupés, mais non, on préfère laisser les gens dehors, on dit qu'on n'y peut rien s'il n'y a pas de la place pour tout le monde. Ce n'est pas simplement de l'hypocrisie ou du mensonge, c'est du meurtre, de l'assassinat. Les gens qui organisent cette pauvreté sont des assassins.

Heureusement il y a la nature et les longues marches que je fais dans la ville au fil des saisons. Je regarde les oiseaux dans les squares, je regarde le ciel au dessus de ma tête, je suis les floraisons des fleurs et le jaunissement des feuilles. Cette année un couple de geais a niché dans ma cour. Je regarde les cerisiers en fleurs au jardin Albert Kahn, je suis le cours de la Seine en crue, je suis les travaux de la nouvelle canopée des Halles. Il y a la saison des tulipes, la floraison des arbres de Judée, le temps du lilas, les dahlias du Parc Floral... Malgré toutes les horreurs de la vie, Paris reste une belle ville et j'apprécie les petits signes de ci de là de la place que perd la voiture pour laisser la place à des allées piétonnes ou des petites doses de verdure supplémentaires.










lundi 16 janvier 2017

2016, expos

Et la culture en 2016? A Malaga j'ai visité le musée Picasso, à Cadix j'ai visité le musée des Beaux-Arts. A Valencia aussi je suis retourné voir le musée des Beaux-Arts où j'avais été irrésistiblement attiré par un Gréco pour la première fois, son Saint Jean-Baptiste, et où j'avais découvert ce tableau de Joaquin Sorolla, un peintre local dont je n'apprécie pas vraiment la production. En fait c'est une étude académique de ses années de formation, avant qu'il ne développe le style pour lequel il est reconnu. Je crois que ce que j'aime dans ce tableau, c'est la soumission acceptée du corps qui ne nous regarde pas, qui sait qu'il est regardé, et qui croise les mains dans son dos en acceptation de cette soumission; il y a une couleur érotique dans ce tableau.


C'est en visitant les musées de Madrid l'année précédente que je m'étais fait la remarque que je connaissais l'emplacement de mes tableaux préférés dans chaque musée de la ville alors que je ne connais pas les musées de la ville où je vis. Cette fin d'année j'ai pris un abonnement annuel au musée du Louvre et au Centre Pompidou. Je n'ai toujours pas été voir le tableau le plus célèbre du Louvre, j'ai commencé mes découvertes par la partie sculptures et l'exposition Bouchardon. Au Centre Pompidou non plus je n'ai pas encore été voir le fond permanent du musée, j'ai juste fait une exposition consacrée à Cy Twombly, un contemporain américain que je découvrais et dont la gigantesque oeuvre Blooming (2.5 x 5 mètres) m'a laissé pantois par l'audace dans ces mélanges de rouges.


Sinon il y a eu le musée Condé à Chantilly, musée à l'intérieur du château qui contient une très importante collection qui vaut le détour. On y trouve des œuvres de réputation mondiale, comme ces trois Grâces du peintre Raphael. Il y a eu la découverte de la fondation Louis Vuitton customisée par Daniel Buren, il y a eu le musée Rodin de Paris avec son jardin agrémenté de sculptures, il y a eu l'exposition Kehinde Wiley au Petit Palais. Il y a l'exposition Mexique 1900-50 au Grand Palais, il y a eu Frédéric Bazille à Orsay, Bernard Buffet au Musée d'Art Moderne, la collection Zao Wou-ki au musée Cernuschi, la foire d'art AKAA au Carreau du Temple. Autant de découvertes à voir en 2017?



samedi 14 janvier 2017

Neruda

Ce film raconte la fuite de Pablo Neruda, poète et homme politique chilien, quand le nouveau président élu, Gonzalez Videla, dans un contexte de guerre froide et sous la pression des Etats-Unis, lance la chasse aux communistes et édite un mandat d'arrêt contre le poète. Ce film nous raconte une fuite probablement romancée traquée par un policier peu futé où le poète joue au chat et à la souris avec son poursuivant. Je n'ai pas été enthousiasmé.

Cependant ça m'a permis d'entendre une poésie que je ne connaissais pas et m'a donné l'envie d'en connaître un peu plus sur ce poète hispanophone. "Puedo escribir los versos mas tristes esta noche" sera mon premier poème espagnol appris par cœur.


jeudi 12 janvier 2017

2016, sports

2016 n'aura pas été une année très sportive, avec des challenges qui resteront dans mon histoire. Pas de randonnée de 100km, pas de marathon ou de trail de 50km, une année très tranquille. Par contre j'ai été à la salle de sport en moyenne trois fois par semaine, je me suis entretenu au quotidien, mon corps a rarement été en aussi bonne forme. J'ai l'impression que vieillir me fait du bien.

Je ne randonne plus parce que je ne me sens pas toujours en sécurité quand je marche seul dans des endroits déserts que je ne connais pas. Je n'ai fait qu'une randonnée cette année, et c'était à Chantilly et dans la forêt autour, un parcours que je connaissais déjà, et j'étais avec un couple d'amis. L'état d'urgence dans lequel nous vivons depuis l'an dernier ne m'incite pas vraiment à sortir seul, les gens deviennent soupçonneux quand ils croisent un inconnu qui passe devant chez eux. Et j'évite les périodes de chasse parce qu'il y a beaucoup trop d'accidents avec ces gens armés en liberté.

En course à pied je n'ai couru que cinq petites courses de 10km, un semi-marathon, et les 20km de la Paris-Saint Germain que j'avais découvert l'année d'avant et où j'ai amélioré mon temps de cinq minutes. 2017 me verra t-elle courir de nouvelles distances? Je me suis inscrit au marathon de Paris, ça fait longtemps que je n'ai plus couru de marathon.

La grande nouveauté c'est que je me suis inscrit à un club de natation pour ré-apprendre à nager. Nager quand je suis à la mer est un tel bonheur que je me prends à vouloir un contact plus régulier avec la fluidité de l'élément aqueux, j'adore cette sensation du corps qui avance sans effort apparent en fendant les flots, j'adore la sensation de glisse, l'eau qui me frôle et me cède le passage. En 2017 je veux prendre l'habitude d'aller à la piscine plus régulièrement.