vendredi 16 septembre 2016

Fessée

Je me suis posé une question étrange l'autre jour: c'était quand la dernière fessée? Quand j'étais petit, j'en ai eu des fessées. A la main, à la ceinture, au fil électrique, au martinet, je crois qu'ils ont tout essayé. Visiblement mes parents pensaient qu'une bonne fessée aidait à trouver la mémoire nécessaire pour apprendre ses tables de multiplication, une fable ou une poésie, ou me passerait l'envie de fuguer. Ils ne se sont jamais demandé pourquoi, dès que j'ai pu marcher, j'ai toujours essayé de les fuir.

Et un jour les fessées ont cessées, mais je ne m'en suis pas rendu compte. Parce qu'on avait déménagé une fois de plus? Parce que j'étais devenu adolescent et irrécupérable? Capable de me défendre?

La dernière dont je me souviens, c'était à la fin de l'année scolaire, à Dakar, en cinquième je crois. On avait fait un pique nique de fin d'année à la plage et j'avais amené mon lecteur de cassettes alors que je n'avais pas le droit. Bien sûr je me l'étais fait voler. Je n'avais rien dit, mais je n'oublierai jamais la cruauté de mon père un dimanche suivant au déjeuner. Nous mangions dans le jardin et, à la pause entre le plat principal et le dessert, mon père s'est étonné de ne plus m'entendre écouter de la musique. Lui en avait envie, il m'a demandé d'aller chercher mon magnétophone pour en écouter. Je suis monté dans ma chambre et j'ai attendu mon châtiment pendant que la petite famille heureuse mangeait en contrebas le gâteau du dessert qui devait être très bon. Du jardin de la maison voisine s'échappaient des bribes de disco, les Bee Gees je crois.

S'il y a une bonne chose à retenir de cette expérience, c'est que jamais je ne ferais subir la même chose à un enfant. Je suis violemment opposé à toute sorte de châtiment corporel. Que ce soit sur des enfants ou des adultes, je suis contre la violence. C'est sans doute ce qui fait que, aujourd'hui encore, je m'arrête dans la rue quand je vois un homme crier sur une femme ou un père hurler sur son enfant. La violence physique me répugne. Et si un amant prenait un jour l'audace de me donner une petite claque sur la joue ou sur les fesses, mon regard serait suffisamment explicite pour qu'il ne recommence pas.

A vrai dire, même les gens qui parlent fort me heurtent. Je suis foncièrement peace and love. 

jeudi 15 septembre 2016

Les dix derniers films vus

Love and Friendship, de Whit Stillman. Avec Kate Beckinsale, Chloë Sevigny, Tom Bennett
Truman, de Cesc Gay. Avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi, Javier Gutierrez
Viva, de Paddy Breathnach. Avec Hector Medina Valdés, Jorge Perugorria, Luis Alberto Garcia
L'effet aquatique, de Solveig Anspach. Avec Samir Guesmi, Florence Loiret-Caille
D'une famille à l'autre, de Anna Muylaert. Avec Naomi Nero, Dani Nefussi, Matheus Nachtergaele
Colonia, de Florian Gallenberger. Avec Emma Watson, Daniel Brühl, Richenda Carey, Vicky Krieps
Irréprochable, de Sébastien Marnier. Avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm, Joséphine Japy
Moka, de Frédéric Mermoud. Avec Emmanuelle Devos, Nathalie Baye, David Clavel, Diane Rouxel
L'économie du couple, de Joachim Lafosse. Avec Bérénice Bejo, Cédric Kahn, Marthe Keller
Toni Erdmann, de Maren Ade. Avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Trystan Pütter

mercredi 14 septembre 2016

L'été à Paris

L'été pour moi est associé au temps des clafoutis, ce dessert facile à faire qui accompagnaient les pique-niques de fin d'année scolaire. C'était une époque où la fête de la musique n'existait pas, la Gay Pride non plus.

Aujourd'hui l'été commence par la fête de la musique, d'un seul coup les parisiens se laissent aller à déambuler en chaussures plates dans les rues de la ville. Puis il y a la Gay Pride, le dernier week-end avant que tout le monde ne parte en vacances.

Il y aura bien quelques récalcitrants pour rester jusqu'au 14 juillet, mais après Paris devient un espace de liberté incomparable, un rêve de promenades sans fin. Entre le 14 juillet et le 15 août Paris est vidé de sa circulation automobile, et c'est un réel plaisir. C'est ma période préférée pour errer la nuit dans les rues désertes et encore chaudes du soleil de la journée.

Pour une raison sans doute très optimiste, on associe l'été aux longues soirées, aux soleils qui mettent des heures à se coucher. C'est étonnant, parce qu'en fait l'été commence par le jour le plus long et chaque jour qu'il contient est plus court que le précédent. En fait l'été est un long déclin, et on sent bien quand vient l'automne que les jours sont plus courts, les soirs plus précoces. Au final les jours sont aussi longs qu'au printemps, cette saison où chaque jour est plus long que le précédent.

Mais l'été c'est surtout, théoriquement, la saison où il fait chaud, où les étals des marchés regorgent de fruits, où les shorts des garçons dévoilent leurs mollets tannés par les premiers soleils. Qu'y a t-il de plus beau au monde qu'un joli mollet qui a pris le soleil? Qu'y a t-il de plus jouissif que de croquer dans un fruit bien mûr et de sentir son jus vous exploser dans la bouche?






lundi 12 septembre 2016

Malaga (4)

Vous vous souvenez peut-être que j'avais été à Malaga début février, que je n'avais pas été enthousiasmé, et que je ne pensais pas y revenir un jour. Eh bien j'y suis retourné ce premier week-end de septembre. Oh, juste le temps d'un grand week-end, le temps d'une escapade pour me baigner. J'avais vraiment besoin de plage et de soleil en attendant mes vacances à Ibiza, j'ai donné une seconde chance à Malaga.

L'arrivée à Malaga est toujours aussi peu accueillante, on ne peut pas dire que ce soit une belle ville. Il y a des travaux partout, c'est sec, ça manque d'arbres. Hormis le centre-ville piétonnisé, et là pour le coup c'est une réussite, ce n'est pas une ville où on a plaisir à se promener. Mais je ne venais pas pour voir la ville, je venais juste pour nager et m'allonger au soleil sur la plage. L'avantage quand tu es déjà venu quelque part, c'est que tu n'as plus besoin de plan pour t'orienter, tu ne perds plus de temps pour savoir où aller. Dix minutes après être sorti de l'avion ce vendredi, j'étais dans le bus qui m'amenait en ville. Le temps de poser mon sac dans ma chambre d'hôtel, j'étais à la plage une heure après. Et j'y suis resté tout l'après-midi jusqu'à ce que le soleil décline.

Je n'ai rien visité, à part ma petite église préférée, l'église des martyrs, où je suis passé le samedi et le dimanche. J'avais déjà mes habitudes, petit-déjeuner place de la Merced, promenade en ville le matin, plage l'après-midi, jus de fruit sur le port avant de retourner prendre une douche à l'hôtel, soirée dîner et promenade dans le centre piétonnisé.

Plage le vendredi, plage le samedi, plage le dimanche, j'ai nagé comme je n'avais pas nagé depuis longtemps, ça m'a fait un bien fou. Je n'avais aucun problème pour m'endormir le soir. Au final je suis enchanté de cette petite virée à Malaga, j'ai fait le plein de soleil, je sais que c'est une destination pratique pour une courte durée. Puis le lundi est arrivé, le dernier petit-déjeuner tranquille sur la place de la Merced, et le retour sur Paris où il faisait doux mais gris. J'ai réussi à ne pas être en retard au Body Attack, la routine reprenait son cours.






samedi 10 septembre 2016

Toni Erdmann

Je crois que je n'avais pas assez bu pour aller voir ce film, et je me demande s'il est possible de l'apprécier sans être totalement ivre. C'est complètement loufoque, ça n'a ni queue ni tête, c'est à la limite du pitoyable. Je n'ai pas aimé. Du tout.

Pourtant l'idée de départ est intéressante, cette idée d'une retrouvaille entre un homme et sa fille éloignés par la vie parce que la fille a misé toute son existence sur sa carrière professionnelle en oubliant de vivre.


jeudi 8 septembre 2016

J'apprends l'espagnol (20)


Quand tu fais ton marché et que tu veux de la salade, au marchand de légumes tu demandes una lechuga. Par contre au restaurant le soir tu demanderas una ensalada pour ta salade; le serveur serait un peu surpris si tu demandais simplement una lechuga.

mardi 6 septembre 2016

Cucumber sandwiches

J'ai découvert le goût du concombre en Angleterre pendant un séjour linguistique estival. Pour le déjeuner, la famille qui me logeait me préparait des sandwichs en triangle avec de la margarine sans goût, des tranches de fromage sans goût, et des rondelles de concombre. Heureusement il y avait aussi un petit paquet de chips au vinaigre ou aux oignons. Je n'ai pas gardé un bon souvenir de ce séjour, je n'ai aucun souvenir d'avoir apprécié ces sandwichs.

J'avais bien sûr déjà mangé du concombre, mais toujours en salade. En général l'assaisonnement cachait le goût du concombre...

Je suis retombé sur les sandwichs au concombre pendant mes années de fac d'anglais. Mais le fait de les lire dans les textes d'Oscar Wilde ne suffisait pas à me donner l'idée d'en manger.

C'est bien plus tard, je devais avoir une trentaine d'années déjà, que j'ai mangé un jour un sandwich vietnamien avec des carottes râpées, du concombre et de la coriandre. J'ai adoré. D'ailleurs j'aime toujours autant, je suis capable de traverser Paris pour aller dans le 13ème en acheter un.

Puis il y a eu cette période où j'ai découvert les jus de légumes, et le jus de concombre. Ça semble fade au début un jus de concombre nature, mais ça permet de découvrir vraiment le goût du concombre, et c'est une bonne base pour faire des jus plus élaborés.

Aujourd'hui chaque fois que je fais mon marché j'achète un concombre. Parfois j'en coupe juste une tranche en passant dans ma cuisine et je le mange sans rien. Ça croque sous la dent puis le jus explose, c'est jouissif.